Catherine
Guibert



Par passion

Quand on aime on ne compte pas… Pas sûr. Catherine, ce qu’elle aime ce sont les chiffres et elle compte beaucoup chez FiveForty° où elle est associée et directrice générale. En plus de sa fonction de consultant finance, elle est en charge des RH, du bien-être au travail, de l’organisation des séminaires, des sujets de mécénat et du financement des activités loisirs de l’interne. On comprend facilement que dans le concept de vie active l’adjectif lui parle. Pour y prendre part rapidement, elle est focus sur des études courtes. Après la terminale, elle s’oriente vers un BTS de compta. « Comptable est le métier que j’ai toujours imaginé. En première année, j’ai eu un gros retard à combler sur ceux qui avaient déjà étudié la matière pendant deux ans », se souvient-elle. Heureusement initiée aux arcanes des comptes en « T » par une maman comptable, elle est vite à niveau.

Commandes en avion

Chez Pigier au Chatelet, les cours s’enchaînent et laissent peu de temps aux étudiants pour déjeuner. Qu’à cela ne tienne. Catherine prend les commandes des sandwiches et en fait des avions en papier qui atterrissent juste en dessous dans le bistro de ses futurs beaux-parents. Au fil du temps, l’endroit devient le QG de Catherine et de ses amis où s’organisent tournois de tarot et de poker le week end. Le fils de la maison revenant en permission intègre le groupe. Le courant passe, le petit faible devient plus fort. Au milieu des années 80, premier stage professionnel : le groupe Total accueille Catherine qui découvre les prémisses de la comptabilité sur piano avec les cartes perforées. « Pas simple avec un seul PC dans tout le service pour récupérer les taux de change chaque matin », dit-elle. Catherine se pose ensuite pour cinq ans dans un cabinet d’expertise. Elle intègre toutes les bases de son métier et absorbe des horaires impressionnants. « En donnant beaucoup j’ai réalisé que je ne travaillais que par passion. J’ai compris que m’investir à 200% était pour moi la seule façon d’avancer. Par la suite, c’est devenu mon premier critère quand j’ai dû prendre des directions professionnelles déterminantes », réalise-t-elle. Puis l’envie d’avoir des enfants se fait jour.

Le grand bain

En parallèle, la relation avec son manager s’altère. Catherine s’interroge. Elle quitte le cabinet d’expertise et se jette dans le grand bain de l’entreprise. L’Aquaboulevard de Paris lui permet pendant dix ans d’évoluer à tous les postes de la compta du groupe. Très fière de sa famille, Catherine considère qu’elle est le meilleur rempart pour surmonter l’adversité. Son époux restaurateur l’a toujours épaulée et encouragée. Il est à ses yeux celui qui lui a permis d’être là où elle est. Fidèle en amitié et dans ses engagements, Catherine est la maman comblée de Claire et Nicolas. Côté travail, elle a intégré les éditions de La Martinière en tant que chef comptable. Elle y passera douze ans. Connue pour dire haut et fort quand quelque chose ne va pas, Catherine fait entendre qu’il est temps de passer à un ERP plus adapté aux réalités de l’entreprise. La direction générale avalise. L’appel d’offre entre ERP Microsoft et SAP lancé. L’AX est choisi, Catherine devient chef de projet sur l’ERP. Un gros chantier en termes de conduite du changement sur lequel la plus grande vigilance est requise. Elle se souvient : « Un vrai challenge pour moi, je quittai mon poste de chef comptable pour quelque chose de tout nouveau. La DAF me convainc que ce projet allait me donner les moyens de réaliser ce que je souhaitais. Comme j’aime les défis, j’ai accepté. Et puis mon mari me soutenait… ». Trois premiers mois difficiles sur un sujet inconnu. Remise en question. Repartir de zéro… Trois mois de souffrance, mais pas question de baisser les bras. Catherine s’accroche et se passionne pour le métier de consultant avec la chance de l’exercer en interne. Au bout du compte, le projet est une belle réussite, toujours stable aujourd’hui. C’est à ce moment que la DSI fait appel à des intervenants externes. Et le premier consultant indépendant à venir a été Jérôme. « Maîtrisant à fond l’ERP et passionné par le métier, il a apporté sur le projet une vraie valeur ajoutée », souligne Catherine. « En termes de réflexion informatique, il a entre 5 et 10 ans d’avance sur nous. Aujourd’hui il nous coache chez FiveForty°, Alex et moi on a parfois un peu de mal. Seul Jonathan réussit à le suivre », s’amuse Catherine. Si le projet tourne à La Martinière, pour Catherine les choses ronronnent. Elle souhaite monter en compétences mais on lui refuse les formations. Sa décision est prise. DSI, DAF, RH tentent de la retenir. En vain. Elle part après douze ans. Un ancien collègue lui parle alors de Flexmind fondé par Jérôme qui l’accueille à bras ouvert… sur un dossier compliqué. Un baptême du feu des plus chauds sur lequel elle rencontre un certain Jonathan, en stage à l’époque. Il n’a pas 24 ans. Travaillant côte-à-côte, ils se comprennent vite et se serrent les coudes face à un client caractériel qui souvent dépasse les limites de l’acceptable.

Certitudes pour l’avenir

Des liens plus que solides se nouent entre les deux futurs associés. « Pour se remonter le moral, on se retrouvaient le soir à plusieurs, on sortait pas mal. Il fallait se changer les idées pour tenir le choc. Et on tenait bon car même après des nuits blanches on était sur le pied guerre le matin chez le client, prêts à avancer. On jouait souvent good cops – bad cops en alternance pour défendre l’équipe », précise Catherine. « J’ai découvert les qualités de Jonathan, une empathie incroyable pour une personne de son âge, sa vivacité et une intelligence situationnelle bluffante », indique Catherine. Avec cette expérience difficile, Catherine et Jonathan deviennent inséparables. Quand Jonathan décide de prendre son envol, c’est un coup dur pour Catherine. « A ce moment, Flexmind ne me correspondait plus. Une nouvelle aventure s’annonçait. Elle restait à écrire », souligne-t-elle. Convaincue par le projet FiveForty°, elle rejoint Jonathan. Chacun prend très vite des missions. La nouvelle ESN décolle. Quand elle se retourne sur son parcours, Catherine remarque qu’il est fait de challenges et de défis. Les derniers en date : le COVID. « On a traversé quelque chose de complétement inédit, mais notre capacité à se parler, à partager, à décider, ajoutée aux preuves superbes d’attachement témoignées par les salariés, me donne la certitude que l’équipe n’a pas fini de m’impressionner ».